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# Posté le mardi 05 août 2008 19:49

Faust (Charles Gounod, 1859)

Faust (Charles Gounod, 1859)

♥ En direct des Chorégies, opéra n°2 ♥

♫ Que le diable soit avec vous ! ♫

Tout le monde connaît le célèbre air des Bijoux de Marguerite, air popularisé par Hergé dans les aventures de Tintin, via le personnage de l'excentrique Castafiore ... Et beaucoup connaissent aussi le mythe de Faust, vieux conte populaire allemand, rendu universel par Goethe : le vieux docteur Faust qui vend son âme au diable ...

Cet opéra est fabuleux. Au moment de prendre mes places pour les Chorégies, j'en connaissais déjà quelques airs qui m'avaient donné envie de voir l'opéra en entier. Et je n'ai pas été déçue !

Et puis c'est sûr, l'affiche des Chorégies d'Orange 2008 me faisait baver d'envie :
Roberto Alagna - Faust,
Inva Mula - Marguerite,
René Pape - Méphistophélès,
Mise en scène Nicolas Joel (futur directeur de l'opéra de Paris),
Direction Michel Plasson ... tout ça, ça fait beaucoup de gens connus et reconnus !

La mise en scène de Nicolas Joel est somptueuse, avec cet orgue géant qui fait office de décor ... mais dommage, cette fois-ci, ils n'ont pas du tout valorisé le mur antique d'Orange... M'enfin, c'est pas si grave. Et puis, en regardant la version télévisée (qui est diffusée ... exactement ... maintenant ^^), on n'imagine pas l'immensité du décor (théâtre antique romain, 9000 places tout de même !).

France télévision m'offre donc la chance de voir cet opéra deux fois de suite à trois jours d'intervalle. C'est troublant ! Un soir, je suis à Orange, je vis l'opéra en vrai ... et le surlendemain, je le regarde à la télé. Eh bien je vais vous dire, CA N'A RIEN A VOIR !! Effectivement, un opéra à la télé, ça met une barrière (l'écran) entre l'histoire et le spectateur. Rien ne vaut le vrai Faust !!! Mais pour le grand public, c'est une grande chance de pouvoir voir un tel opéra, dans un tel cadre, et gratuitement !
♫ Le veau d'or est toujours debout ! ♫

Livret : le docteur Faust vend son âme à Méphisto, l'envoyé du diable, pour retrouver sa jeunesse perdue. Il s'éprend de la belle Marguerite, mais tout tourne mal, car désormais l'âme de Faust appartient à Méphisto ...
Marguerite donne naissance à un enfant. Seule, abandonnée par Faust (qui entre temps est devenu alcoolo), perd la raison. Elle est d'autant plus seule que Faust a tué le frère de celle-ci en duel. Marguerite tue alors son enfant et se retrouve en prison.
Faust, descendu en enfer avec Méphisto, savoure les plaisirs de ce monde, mais finit par être rongé de remords. C'est finalement lui qui subira la souffrance éternelle ; l'âme de Marguerite, restée pure malgré tout, sera sauvée.

Ma note : 9/10. L'une des meilleurs oeuvres lyriques à ma connaissance, malgré quelques petites chutes de tension dans certains passages.

Les + : la musique est absolument SOMPTUEUSE. C'est d'une poésie débordante, d'un lyrisme raffiné et empli de sincérité. Les personnages sont excellents. J'aime tout particulièrement le personnage de Méphisto, envoyé du diable (ou diable lui-même ? nul ne le sait), interprété par une voix de basse ... le rôle fait frémir. Méphisto a beaucoup d'humour mais gare à lui, il est terrifiant, rien qu'à ses yeux ! Bien sûr, l'histoire est palpitante : c'est du Goethe, que diable (héhé) ! Et chaque scène est parfaitement mise en valeur par un air splendide, surtout les scènes dramatiques ou les scènes de groupe. Egalement, j'aime bien le personnage de Marguerite, qui évolue bien (au début, elle est un peu nunuche, puis elle devient responsable, puis carrément lucide et sombre, et ça, c'est stylé !). Le +++ de cet opéra, c'est la modernité du sujet et de l'angle d'attaque : le mal incarné est-il vraiment quelque chose de condamnable ? On aurait presque envie de l'aimer, le diable ... Et l'enfer ressemble étrangement à un paradis ...

Les - : à mon sens, le suspens et la tension retombent un peu entre l'acte III et l'acte IV (entre le départ de Faust et le désespoir de Marguerite). Mais ce n'est pas de l'avis de tout le monde (en plus, j'avais envie de dormir, car il était déjà 1h du matin à ce moment de la partition !). Et puis ça redevient tout de suite bien, lorsque l'acte IV commence vraiment.
Autrement, je trouve la fin de l'opéra un peu douteuse : on ignore ce que devient Faust.
Un dernier détail : je trouve le personnage principal (Faust) un peu fade comparé à la grand' classe de Méphisto. J'étais déçue (surtout que j'étais aussi venue pour voir Roberto Alagna chanter !)
Finalement, le personnage principal, ce serait presque Méphisto ... Du coup, c'est un peu perturbant (on s'attend à de grands airs de la part du ténor, et on se retrouve avec des chants de basse !), mais c'est tout de même osé ! Et ce point là ne me déplaît pas, puisque j'aime beaucoup Méphisto (j'adore particulièrement la scène de l'orgue, entre Marguerite et Méphisto) ^^ Et puis c'est rare que la basse soit aussi bien mise en valeur !

Commentaires : ancré dans son siècle, et pourtant résolument moderne, cet opéra a tout pour plaire : la forme et le fond. En guise de forme, une somptueuse partition, des personnages attirants et une histoire palpitante. En guise de fond, une vraie réflexion métaphysique sur les notions de bien et de mal, sur la mort, l'enfer, la jeunesse, les apparences ... A Gounod, j'aurais envie de dire : bravo maestro !

Prochaine représentation : Chorégies Orange, aujourd'hui même ! Cet opéra est diffusé au moment où je vous parle, sur France 2, et ce jusqu'à 1h30 du matin ! ENJOY !

Airs célèbres :

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# Posté le mardi 05 août 2008 18:39

Modifié le mardi 05 août 2008 19:10

Carmen (Georges Bizet, 1875)

Carmen (Georges Bizet, 1875)
♥ En direct des Chorégies, opéra n°1 ♥

♫ L'opéra le plus célèbre et le plus joué au monde ♫

Carmen et moi ... toute une histoire d'amour. J'adore littéralement cet opéra, depuis ma plus tendre enfance. Quand j'étais petite, sans connaître le scénario, je trouvais déjà le personnage de Carmen sublime, avec sa belle robe rouge, son flamenco endiablé et sa forte personnalité ...

Qui ne connaît pas Carmen, cette bohémienne fascinante et extraordinairement belle, indépendante, briseuse de coeurs, amoureuse de sa liberté ? Qui n'a jamais entendu d'air de cet opéra : Toréador, L'amour est enfant de bohème ... ? (si vous connaissez quelqu'un dans ce cas, contactez-moi d'urgence ! lol)

Lors des Chorégies 2008, le rôle de Carmen a été confié à la meilleure interprète de Carmen à l'heure actuelle, à savoir la mezzo-soprano Béatrice Uria-Monzon. Elle est belle, sexy, attirante, sombre et dangereuse (et bien sûr elle chante merveilleusement bien !) : la parfaite Carmen. La standing ovation a duré très très longtemps ! C'était génial ^^

Livret : Séville, début du XIXe siècle. Le brigadier Don José est fiancé à la jeune Michaela, mais il tombe sous le charme de sa prisonnière, la belle et dangereuse Carmen. Celle-ci lui fait perdre la tête : il quitte Michaela, ill'armée et devient contrebandier, vivant dans les montagnes, avec les bohémiens et sa Carmen adorée. Mais quelques temps après, lorsqu'il apprend que Carmen est tombée amoureuse d'un autre homme, le grand toréador Escamillo, Don José perd la raison ... et va jusqu'à assassiner sa bien-aimée !

Ma note : 10/10, parce que c'est tout simplement sublime : la perfection incarnée !

Les + : il n'y a que des points positifs ! Animé, joyeux, coloré, brillant et profond, Carmen est l'opéra le plus populaire de toute l'histoire de la musique, sans doute parce qu'il est à la fois comique et dramatique.
La partition est splendide et parfaite. Les airs sont tous ultra célèbres (et ils méritent de l'être !), le livret est très bien écrit, le scénario n'a aucun défaut. Les personnages sont à la fois particuliers et universels. L'opéra possède plusieurs niveaux de lecture : les sentiments (amour, jalousie, passion, désir, haine), la dimension psychologique des personnages, le cadre historique et social (lutte pour le droit des femmes à la liberté), l'aspect culturel (flamenco, castagnettes et danses sur les tables !) ... J'oublie encore beaucoup d'autres qualités de cet ouvrage. Les émotions nous submergent et la passion nous envahit à n'importe quel moment. C'est à mes yeux le plus bel opéra qui existe : s'il n'y en avait qu'un, ce serait celui-là.

Les - : selon moi, aucun ! (oulà jsuis pas très objective ...)

Commentaires : j'aime cet opéra plus que tout autre. C'est pour ça que je tenais tant à aller aux Chorégies cette année ... le plus beau cadre pour le plus bel opéra. Une perle dans son écrin !
Carmen possède une grandeur inexplicable, c'est tout simplement grandiose.
Vous ne pourrez pas résister au charme et à la force de cet opéra : Carmen dévaste tout sur son passage !

Prochaine représentation : partout, tout le temps (c'est l'opéra le plus joué au monde, aucune difficulté à le voir !)

A écouter absolument :

Pour la culture générale :

Parce que c'est sublime :

Pour le plaisir des yeux et des oreilles, le duel entre les deux prétendants de Carmen (j'l'adore ^^) :

♥ CARMEN FOREVER ♥
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# Posté le mardi 05 août 2008 14:13

Modifié le mardi 05 août 2008 19:12

Sondage opératique

Sondage opératique

Par simple curiosité ... une petite série de questions qui me permettront de mieux vous connaître (je sais que des fans de classique, notamment de piano, flânent sur ce blog ! Merci à tous !). Alors toi, là, oui, toi ^^, derrière ton écran, toi qui aimes la musique :


♫ Qui es-tu ? Prénom, âge, ville, et autres détails croustillants sont les bienvenus :p

♫ Préfères-tu : les histoires d'amour, d'aventure, les drames, les comédies ?

♫ Es-tu déjà allé à l'opéra ? A un concert classique ?

♫ Joues-tu d'un instrument de musique ? Pratiques-tu le chant lyrique ?

♫ Quand tu penses "opéra", quels mots te viennent à l'esprit ?

♫ As-tu des idées reçues sur l'opéra ?

♫ Selon toi, l'opéra devrait-il se moderniser ?

Merci d'avance pour la(les) réponse(s) !

# Posté le dimanche 20 juillet 2008 15:14

Modifié le mardi 05 août 2008 19:47

Luisa Miller (Giuseppe Verdi, 1849)

Luisa Miller (Giuseppe Verdi, 1849)

♫ Rafraîchissant & Héroïque ♫

En février 2008, en complément du Parsifal wagnérien, j'ai eu la chance de voir à faible intervalle un opéra verdien, Luisa Miller ! Mise en scène de Gilbert Deflo à Bastille, très classique et kitsch à la fois, c'était ... pas sublimissime, mais rafraîchissant. Pourquoi est-ce que je parle de Wagner et de Verdi en parallèle ? C'est simple.

Il faut savoir que Verdi et Wagner sont communément considérés comme les deux maîtres de l'opéra du XIXe, mais que leurs styles sont radicalement différents. Tous deux sont engagés dans l'unité politique de leur nation (allemande pour Wagner, italienne pour Verdi). Cependant, la comparaison s'arrête vite : Wagner s'inspire de légendes et de mythologies tandis que Verdi s'inspire d'auteurs contemporains. Là où Wagner rejette la forme traditionnelle de l'opéra et cherche à déstructurer la musique, Verdi renouvelle le genre lyrique et ancre le bel canto dans la modernité.

N'ayant pas eu le coup de foudre pour Parsifal, je ne l'ai pas eu non plus pour Luisa Miller, mais j'ai bien aimé. Un milk-shake d'amour et de perfidité, d'idéaux et de réalité scabreuse.

Livret : l'histoire dramatique de deux êtres, Luisa et Carlo (qui s'appelle en réalité Rodolfo), s'aimant à la folie, et que le destin s'évertue à séparer. Un amoureux jaloux (le perfide Wurm), deux parents qui s'opposent à l'union, une usurpation d'identité, un chantage odieux, une prise d'otage avec menace d'exécution, un sauvetage, une replonge, de multiples révélations, un empoisonnement, des duels ... Une version remixée du Roméo et Juliette de Shakespeare, mais avec de vrais méchants et un joli paysage tyrolien en prime.
Bien sûr, l'opéra se termine mal, voire plus mal que d'habitude : non seulement les amants meurent, mais tous les personnages présents sur scène également !! Ironie de l'histoire : le seul à ne pas mourir est le père de Luisa, qui au départ était le seul censé être en danger de mort (menacé d'exécution). Il les regarde crever, comme ça, en pleurant toutes les larmes de son corps. Sympatoche.

Ma note : 6/10. Bel opéra, certes pas LE chef-d'oeuvre de Verdi, mais plein de charme et très prenant.

Les + : simple, sans artifice inutile, l'histoire va droit à l'essentiel. Les décors sont somptueux (au coeur des Alpes autrichiennes ; Verdi ayant transposé le cadre de l'opéra de l'Italie vers l'Autriche, pour éviter la censure). Et la musique est grandiose : du grand Verdi, tout simplement. De magnifiques airs, un orchestre brillant : joli travail. Quelques scènes captivantes, avec du suspens, une belle intrigue : tout pour passer un excellent moment.

Les - : contrairement à ce qu'aurait dû être cet opéra, Luisa Miller n'est pas une oeuvre engagée politiquement, Verdi s'étant auto-censuré par crainte des représailles. Et comme toute la partie politique a giclé, il ne reste que la partie histoire d'amour. C'est toujours très sympa, mais ça limite quand même sérieusement la portée de cet opéra. D'autre part, les personnages sont un tantinet stéréotypés et légèrement dénués de profondeur psychologique. Ce qui ne nous empêche pas de suivre le déroulement de l'histoire !

Commentaires : un bon opéra, comme je l'ai déjà dit pas le meilleur de Verdi, mais qui fait tout de même honneur à son compositeur ! Je vous le conseille si vous avez l'occasion de le voir à côté de chez vous !

Prochaine représentation : en juillet 2009, au festival de l'opéra de Munich.

Air célèbre :

# Posté le samedi 19 juillet 2008 19:28

Modifié le samedi 19 juillet 2008 20:01